dimanche 12 août 2012

Okaerinasai !

L'absence est pesante, et les nouvelles mauvaises.
Mais commençons par le commencement. Je souhaite que chacun comprenne pour mieux l'accepter, le considérer.

Tout d'abord, donc, je vous présente Zigzag.
Zigzag est le compagnon de Xéna dont j'avais déjà parlé.
Et si nous hésitions sur le nom, ce n'est pas parce qu'il a été difficile de le nommer, mais parce que nous hésitions entre lui, et un de ses copains de cellule.

Une cellule, oui, parce que Zigzag vient d'un Refuge. Refuge honorable qui fait du mieux qu'il le peut malgré le surnombre d'animaux qu'il accueille et le peu de moyens dont il dispose. Comme tous les refuges et associations, en somme..!

Et je pense que chacun peut l'imaginer : le plus difficile lorsque l'on adopte en Refuge est de ne repartir qu'avec un seul chat et d'oublier tous les autres regards vidés de l'espoir qu'on aurait pu leur donner. Ce désespoir est une horreur.

Zigzag a deux ans, et cela faisait presque autant de temps qu'il vivait au refuge. Il a été trouvé. Son passé, sa provenance, son histoire avant de finir derrière les barreaux sont donc un mystère. Il avait déjà été adopté, mais rendu au refuge, car trop craintif. Madame était triste qu'il se cache tout le temps quand elle voulait le voir. Madame ne supportait pas de ne pas avoir de câlin ni de reconnaissance de sa part. Madame l'a remis derrière les barreaux. Et le plus triste c'est que ce n'est pas un cas isolé. La plupart des chats sur lesquels nous nous étions penchés, avec qui nous avons joué, avait tous été adopté une fois, et certains même plusieurs fois, mais rendus, car trop difficile. A force, certains n'attendaient plus rien de l'humain et nous regardaient à peine en se disant qu'on finira bien par partir.. Ils ont eu raison.

Mais nous sommes partis avec Zigzag. Le choix fut difficile, déchirant, mais il semblait le plus raisonnable, le plus adapté.
Evidemment, il s'est caché. Evidemment, il ne nous aimait pas. Nous l'avions arraché à tout ce qu'il connaissait, à ceux qu'il chérissait. Il voulait seulement qu'on lui foute la paix. Il ne voulait plus être déçu.
Evidemment, cela nous a demandé beaucoup de travail. Beaucoup de temps assis par terre à lui parler. Beaucoup de temps à agiter une perche de fausses plumes sous son nez. Beaucoup de temps et d'énergie pour qu'il oublie cette peur, ce désespoir, cette souffrance. Ca n'a pas été simple, mais ça, nous le savions.

Xéna n'aidait pas au départ. "Hé ho ! T'es chez moi là ! Dégage !"

Il a passé plusieurs Nuits à miauler de désespoir, pour appeler ses copains de cellules, pour retrouver ceux qu'il connaissait et qui lui tenaient chaud dans les Nuits les plus froides. Je n'en dormais pas. J'en pleurais même. Je l'appelais plaintivement pour le rassurer. Et il m'ignorait.


Mais nous y voici. En un mois de persévérance, d'amour inconditionnel, en étant juste là, disponible, calme, souriant, il a changé.
Il ne cherche plus à partir. Il ne s'enfuit plus comme un fou quand on remue. Il dort à côté de nous. Il joue. Il s'intéresse. Il observe son nouveau monde depuis la fenêtre. Il nous observe. Et même si nous ne pouvons pas encore le toucher, même si peut-être nous ne pourrons jamais le câliner, il nous semble heureux et c'est là l'unique chose que nous lui souhaitions.
Xéna est son nouveau copain. Il découvre les courses-poursuites. Il trouve bizarre ces humains qui cherche tout le temps à communiquer avec lui. Il réapprend à vivre.

Et il est certain qu'il restera à tout jamais avec nous. Quoi qu'il arrive, et même s'il ne se laisse jamais toucher, jamais, jamais nous irons le remettre en cellule.

Mais d'autres n'ont pas eu cette chance.
Fashion, Dark, Bubble, Jak... Ils attendent encore. Ils regardent passer les bipèdes sans oser espérer. Il pensent qu'une vie c'est celà : être tous serrés dans quelques mètres carrés avec seulement une petite fenêtre grillagée pour voir le soleil.
Et Gribouille, lui, n'espère plus. Gonflé par les débris de son coeur, il ne regarde même plus les gens passer. Il s'efforce d'éviter les regards. Il est convaincu qu'il ne peut pas vivre autrement.
Alors je vous en prie. Si vous passez par le Refuge de l'Espoir, penchez-vous sur eux. Considérez-les. Apprenez-leur à vivre.

8 commentaires:

Ma'ion a dit…

Bienvenue a ZigZag, c'est un très beau geste, et un texte émouvant.
Malheureusement, oui il faut faire un choix :(
J’espère que tout ira pour le mieux par la suite, enfin, que ça continuera pour le mieux.

Gaïa a dit…

Bienvenue à Zig au sein de votre famille et plein de bonheur à tous ♥

Grisounette a dit…

Si seulement tout le monde pouvait agrandir sa famille de poilus en un claquement de doigt...Mais, ce n'est pas aussi facile et beaucoup de propriétaires sont déjà au complet mais bien sûr que tous ont droit à leur chance et le méritent.

Tant mieux si Xéna l'a désormais accepté, c'était important pour tout le monde chez vous :)

choupette a dit…

c'est un très beau texte, très émouvant ! j'en ai eu les larmes aux yeux, et qu'une envie ensuite, me précipiter pour aller arracher Gribouille à cette vie de misère et lui offrir un doux foyer. Mais comme beaucoup ce n'est pas possible.
Je suis contente pour vous qui avez croisé la route de zigzag et qui avait pu lui offrir cette chance. Rien n'est perdu, et souhaitons aux autres de connaitre le même destin ^^

Ciboulette a dit…

Ton texte est dur et si vrai, malheureusement... si tout le monde allait d'abord dans un refuge avant d’être un "consommateur", tous ces animaux seraient moins seuls... en tout cas bienvenue a zigzag, il aura une belle et heureuse vie.

Anonyme a dit…

Quel texte émouvant et merveilleusement écrit ! Bienvenue à Zigzag...Li-lou

Céline a dit…

Magnifique texte.. Bienvenue au magnifique Zigzag !

Titite a dit…

oui adopter un animal en refuge, c'est ne pas pouvoir prendre tous les autres que le regard nous attriste. on aimerait tous faire mieux, faire plus. mais le faire c'est déjà énorme.