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vendredi 2 novembre 2012

L'Abaissement des Stores

Il nous reste un adieu à formuler.

En cette vitrine, tout évolue beaucoup plus vite qu'ailleurs. Et comme les mannequins se faisaient déjà vieux, il est évident que la majorité des annonces et interprétations de l'avenir ne seront pas positifs.


Yuffie est partie. Elle s'est endormie de sa Belle Mort. Je pense que je n'ai pas connu vie de souris plus agréable et heureuse que la sienne. Elle s'est endormie, tout simplement, après avoir pleinement vécu ses deux ans de vie. Elle n'aura souffert en rien. Elle reste à mon souvenir l'éternel petit bouchon pas plus gros qu'une gomme qui courait plus vite que son ombre.

Rizette n'est plus. Nous pensons que ses grosseurs inexpliqués auront eu raison d'elle. Tumeur, certainement. Ou peut-être pas. Plus rien n'importe à présent qu'elle n'est plus là. Elle aura été, jusqu'à la fin, la vilaine petite grosse qui ne se laisse pas marcher sur la queue. Mon adorable snobe. Ma méprisante Prêtresse. S'est-elle endormie ? S'est-elle trainée avant de s'en aller ? Nous l'ignorons. Elle allait bien, puis nous l'avons trouvée. Froide.

Kanou s'en est allée. Notre petite souris doberman, souris de garde, non par le comportement, uniquement par la couleur. Notre petit sucre inoffensif. Elle était arrivée chez nous bien vieille déjà. Un an de vie commune, c'est déjà beaucoup. Elle a, hélas, développé deux tumeurs en même temps. Une tumeur mammaire. Une tumeur supposé des ganglions, à l'aisselle droite. En un petit mois, son corps s'est étiré, déformé. Elle était trop vieille. Elles étaient trop mal placées. Il n'y avait rien à espérer. Rien à faire. Il fallait attendre et choisir quel jour serait son dernier jour de bonheur, jour sans souffrance. Je n'ai pas su le définir. Sa tumeur mammaire a fini par éclater. Elle a passé toute une Nuit à se vider de son sang, et à tenir bon malgré tout, pour qu'au lendemain je l'emmène lui imposer la Dernière Piqure. Elle s'est endormie dans mes doigts, les couvrant d'un sang tiède.


Mais réjouissez-vous : Toutes ne se sont pas encore endormies.



Panais survit. Depuis près de deux mois à présent, son arrière train se paralyse un peu plus chaque jour. Elle a d'abord perdu l'usage d'une cuisse, puis d'une patte, puis de deux, puis de sa queue. A présent elle est même incontinente et je lui nettoie les fesses chaque jour, en même temps que je la masse pour me laisser croire qu'elle ne souffre pas de ses muscles atrophiés. Elle se traine. Elle se bat comme une diablesse. J'avais pensé la voir partir, mais elle a enterré Rizette et Kanou. Elle enterrera peut-être même Wacom.
Sa condition de souris handicapée ne l'empêche nullement de vivre. Et même si le terrain a été revu, pensé, aménagé pour elle en premier lieu, elle se traine de long en large, aide à constituer le nid, fouille le chanvre, continue à faire de la roue. Gourmande qu'elle est, elle a appris à manger d'une patte pour se tenir droite de l'autre. Elle n'a aucune difficulté à grimper sur la plupart des maisons. Elle vit sa vie de souris. A force, en même temps que ses fesses perdaient en muscles, ses épaules en gagnaient. Et la voici bâtie comme une championne en levée de poids !

Wacom vit de plus belle. Elle suit dignement le chemin de Yuffie. Sans aucun problème de santé durant toute sa vie, elle semble bien déterminée à fêter elle aussi son deuxième anniversaire. Elle n'aide pas beaucoup Panais, ose même lui piquer du museau les meilleures graines. Néanmoins elle la chouchoute et lui constitue les plus beaux nids qui soient !
Notre Tablette à queue n'a pas fini d'animer notre coin de bureau, à mon plus grand bonheur.


Leur destin est tout tracé. Remettant à plus tard mes projets d'autrefois, je les laisserai s'en aller paisiblement, vivant leur petite vie de souris. Je laisserai le temps vider un peu plus leur terrain de vie. Puis nous verrons.

jeudi 13 septembre 2012

Cheminement

Bonsoir,

Je sais que je ne m'y prendrai pas de la meilleure façon qui soit pour vous faire comprendre mon raisonnement. Je l'ai déjà constaté après l'avoir expliqué à plusieurs personnes, mais malgré cela je n'ai tout de même pas trouvé un meilleur moyen que de vous le raconter, comme je l'ai vécu.

Si je ferme ce présent blog, ce n'est nullement à cause de mes animaux. Si je ferme ce blog, c'est uniquement parce qu'il ne correspond plus au message que je veux transmettre. J'ai évolué. Et de ce fait, il me faut tourner une page. De ce fait, il me faut écrire d'une nouvelle façon, et je pense qu'il me sera impossible de transformer ce blog pour en faire ce que je souhaite. Il me faut repartir de zéro.

Ceci dit, cette évolution, ce raisonnement qui m'a amené à ce changement, m'a bel et bien été inspiré par mon vécu. Alors je raconte.


Comme je vous l'avais expliqué à l'article de Zigzag, le plus difficile lorsque nous allons au Refuge, en vue d'adopter, c'est de croiser tout ces regards, d'apprendre à les connaître, à leur parler, à les écouter, mais de ne partir qu'avec un seul être. Je n'y suis pas parvenue.

Le Refuge d'où vient Zigzag est un refuge plein de bonne volonté, mais avec des moyens très minimes. Il s'agit d'un refuge créé et entretenu par l'Etat. Il doit répondre à des obligations. Il n'a pas le choix de la gestion. Ils n'ont pas la possibilité d'agrandir ou d'améliorer, malgré le fort besoin. Ce Refuge est là parce qu'il en fallait bien un. Et même si les personnes qui y travaillent et qui donne de leur personne, y font leur possible, il faut l'avouer : ils ne peuvent pas répondre à tous les besoins de tous les animaux.
Rien que pour les chiens et les chats, ca leur ai compliqué. Alors pour les NAC....

A notre première visite, alors que Madame Refuge nous faisait faire le tour des locaux pour chats d'appartement, mon regard a dévié sur quelques aménagements de fortune. Une petite "cage à lapin", un "bocal de transport" pour reptile ou petit rongeur, et une autre petite cage qui ne conviendrait à aucun animal, certainement vendu pour les lapins toys, ou les rats. Allez savoir !
Nous étions dans un local de chats. Certains y étaient en liberté. D'autres y était dans des cellules qu'on a l'habitude de voir chez les vétérinaires, ou dans les fourrières. C'était le local des chats qui devaient être socialisés, ou qui étaient malades. La plupart ce sont cachés à notre entrée, en hauteur, dans des cartons posés sur les étagères.
La première cage était simplement sur une table, au bord de la pièce. Il n'était pas difficile, donc, de deviner les chats couchés dessus, à observer l'animal qui pouvait y être, et même à passer leurs pattes entre les barreaux.Le bocal, lui, était posé sur l'autre cage, elle-même placée dans une de ces cellules, fermée. Ces deux là étaient dons en sécurité.

Mon regard c'était d'abord posé sur ce bocal. Il y avait une petite couche de copeaux, une gamelle d'eau, et une boule de poils noire, tellement repliée sur elle-même le plus au fond possible, qu'il m'était impossible de distinguer l'espèce. Alors j'ai demandé. Je me disais que s'il s'agissait d'une souris, mâle ou femelle, j'avais la place et les compétences, qu'il n'y avait pas à réfléchir, que ca ne me demanderait aucune concession. Mais il s'agissait d'un hamster.
"Nous avons un rat sinon", continua Madame Refuge, plein d'espoir. Un rat. Une espèce avec laquelle j'ai énormément d'affinité, que j'ai pu croiser à plusieurs reprises et que j'avais voulu adopter à plusieurs SOS. Mais le rat est incompatible, tout du moins la plupart du temps, avec les lapins. Alors à chaque fois, j'avais renoncé, n'ayant pas les moyens de les tenir à l'écart les uns des autres. A présent que j'ai mon appartement, cette donnée était erronée. Mais je n'y pensais pas. "Nous sommes là pour les chats" que j'avais dit. Alors nous avons poursuivi sur les chats. Dans l'autre cage, en dessous du bocal, il y avait une gerbille. Vive. Éjectant toute la litière hors de sa cage.
Cette fois là, nous étions repartis sans rien, juste avec l'image de Zigzag et de Gribouille en tête. Mais j'avais beau penser aux chats, ces trois aménagements de fortune, au milieu des chats, me restaient en tête, et je cherchais une solution.

Bon ! Tant pis !
Un hamster, ca prend pas plus de place qu'une souris,ca mange différemment, mais pas plus !
Un rat, depuis le temps que je me renseigne à leur propos, je sais m'en occuper. Il ne me manque qu'une cage.
La gerbille, ma mère est FA pour l'APAG. Ca devrait l'intéresser.
Alors j'ai appelé Madame Refuge pour lui demander si elle acceptait les FA, et pour me proposer en tant que FA pour le rat et l'hamster. "Le rat est mordeur, vous savez." M'en fiche, je ferai avec.
Et lorsque nous sommes retournés pour une contre-visite, pour jouer avec Zigzag, apprendre à le connaître, cette fois, nous sommes repartis avec un rat et un hamster.

 Le rat est une rate. Adorable n'est pas le mot qui conviendrait. C'est plus que ça. Elle est comme sorti d'un rêve, tellement facile à vivre, tellement attachante. Au troisième jour, elle nous escalade le pantalon pour gagner nos genoux et s'installer. Au cinquième jour, elle me toilette les bras comme si j'étais un rat moi-aussi. Jamais elle ne nous mord. Jamais elle ne nous pince. Et pourtant, nous ne sommes pas tendre. On la pousse, on la taquine, on la prend mal parce qu'on a pas l'habitude des souris aussi grosse qu'elle.
En attendant de pouvoir lui offrir une cage convenable, nous lui offrons un maximum de liberté. Autant dire qu'elle l'était presque toujours. Et elle court dans le bureau, dans tous les sens, en faisant des bonds, puis le long du balcon, fouillant mes plantes. En a peine une semaine, elle a fait du bureau et du balcon son lieu de vie, comme si elle y est née. Pour ne pas isoler les chats et les lapins malgré cela, j'ai l'idée de coincer une planche dans l'encadrement de la porte. Bien forcée. Xéna peut passer par dessus sans mal. Les lapins nous voient et nous entendent sans chercher à nous rejoindre. La rate peut être libre sans sortir de son territoire. Zigzag, lui, est planqué dans l'armoire et n'en sort que lorsque nous sommes couchés.
Avec elle, on découvre une complicité exceptionnelle, un dialogue facile. Nous choisissons de l'appeler Xingxi, qui signifie Univers. Parce qu'elle est un univers à elle toute seule, parce qu'elle nous ouvre les portes d'un nouveau savoir. Parce que Pyria se reflète en elle.

Le hamster, lui, m'a forcé à la lecture approfondie pour pouvoir avoir les bons gestes. Nous avons, déjà, tout ce qui lui faut. Tout est prêt. Il est installé, et ca lui change la vie de passer d'un bocal a une véritable cage, avec des cachettes, des jeux, de l'espace.
Ce n'est pas pour autant qu'il nous est reconnaissant. Il a grandi sans l'homme, il compte bien vieillir sans. Alors il ne sort que lorsqu'il n'y a plus un bruit. J'ai eu beau lui donner mon odeur, ma patience, ma présence, il s'en fiche. Il n'a pas grand chose d'un hamster. Il ne creuse pas. Il ne ronge pas. Il ne grignote pas. Il ne fait pas de réserve. Et même deux mois après, il continue de dormir et de manger, venant se rouler parfois dans le sable, venant courir parfois dans la roue, avant de se recoucher, bien planqué. Il peut, parfois, se passer plusieurs jours sans qu'on le voit, attestant seulement de la nourriture qui disparaît de la gamelle pour se dire qu'il est encore vivant. On le nomme Sauna, parce qu'à force de l'appeler Ham'ham', la chaleur est monté au cerveau.

Jusque là, tout va bien.

Mais un soir comme un autre, alors que je tarde à aller me coucher, alors que je traine dans le bureau avec Xingxi, je relève avec surprise les yeux sur Zigzag qui vient de franchir la planche. C'était la première fois qu'il approchait l'un de nous d'aussi près. Mais ce n'était pas le bon moment.
Xingxi court vers lui, comme elle court habituellement vers Xéna. Mais ce n'est pas Xéna et j'ignore complétement la réaction de Zigzag. Ses griffes ne sont pas rogné. Il a vécu quelques temps en extérieur. Il pourrait parfaitement la tuer d'un geste. Alors idiotement, je me manifeste. Je me redresse, et lui demandant doucement de partir. A ce stade de son intégration, ca a parfaitement suffit à le paniquer. Il fait demi-tour, précipitamment. Il se grouille tellement qu'il glisse plus qu'il ne court. Alors forcément, lorsqu'il passe la planche, il la défonce plus qu'il ne passe par dessus. Elle ne tient pas. Elle tombe. Elle a beau être petite, elle est lourde. Xingxi est dessous.

Je ne souhaite cela à personne.
Avoir le sang d'un de ses protégés sur les mains. Le serrer contre soit alors qu'il tremble d'agonie malgré nos prières plaintives. Sentir son corps s'immobiliser en lui demandant pardon. Pardon. C'est un monde qui s'arrête.

Pendant longtemps, je me suis demandé comment on pouvait vivre avec ce poids. Tout les accidents sont bêtes et méchants. Tous les accidents sont facilement évitable. Et c'est bien là qu'est toute la difficulté à les accepter. Le deuil n'est jamais plus difficile que lorsqu'on perd un être qui était en bonne santé, qui aurait dû vivre avec nous longtemps encore, mais qui est parti en quelques secondes, a cause d'un événement facilement évitable.

Mais malgré cela, Xingxi n'était qu'un rat. Et dans notre société, un rat, ca ne compte pas.
Alors il faut se lever, aller travailler, sourire aux clients, aux collègues, aux gens. Dans notre société, les rats n'existent pas en tant qu'être vivant, attachant. On ne peut pleurer que les pertes humaines, parce que les animaux, ce n'est pas la même chose. Ils ne peuvent pas être une équivalence, ils ne peuvent pas occuper de place en notre coeur, ils ne peuvent pas nous donner la même chose. On a le droit de pleurer un ami d'enfance, qu'on n'a pas revu depuis plusieurs années, mais pas notre chien qui ne nous a pas quitté depuis plusieurs années.

Et c'est cela qui m'a fait réfléchir. Devoir ravaler mes larmes en journée pour n'être plus qu'un zombie en rentrant chez moi, c'est une chose que personne ne devrait avoir à faire. Avoir l'impression que personne ne pourrait comprendre notre tristesse, et que pour en limiter les conséquences, pour qu'on nous laisse tranquille, il vaut mieux ne pas en parler, ce n'est pas normal. C'est absurde.
Et parce que je refuse cette règle de société, autant que je refuse de fermer les yeux sur ce que nous sommes, j'ai choisi de changer d'orientation. Je ne veux plus faire envie. Je veux désigner du doigts ce qui est anormale. Je le dois à Xingxi, autant qu'à Pyria et à aux autres. Je le dois pour chacun d'entre nous qui avons du ravaler ses larmes pour répondre aux règles de société.

dimanche 19 août 2012

Merci, mais Non Merci

Durant ces derniers mois, il y a eu beaucoup de Silence sur mon blog. Pas dans ma vie.
Hélas, ce n'était pas parce que je suis partie en vacances, et même si je dois encore m'habituer à mon nouveau travail, le stabiliser pour qu'il laisse place à mes passions et envies, j'aurai tout de même pu prendre le temps d'écrire. L'envie n'y était pas.

Les événements que vous ignorez encore, m'ont poussée à réfléchir, à me remettre en question, à m'éloigner d'Internet, des blogs, des actualités, des sauvetages, des pétitions et manifestation, et cela pour me préserver temporairement et me permettre de poursuivre sur des fondements plus solides.

De ce fait, je vous annonce officiellement le début de la fin de ce blog.

Et même s'il ne s'effacera pas, en mémoire à tout ceux qui ont partagé et partagent encore ma vie, pour satisfaire les curieux, et parce que le passé ne changera hélas pas, il n'y aura plus de nouvel article ici. Pyria s'arrêtera de murmurer. Elle veillera à présent en Silence sur notre famille.
Car quand on me demande de regarder plus loin que le bout de mon nez, je pense qu'on ne réalise pas à quel point je regarde loin. Je pense qu'on effleure même pas les difficultés que j'éprouve à m'endormir le soir. Me refermer sur la vie des êtres qui partagent la mienne était un moyen efficace de me détourner quelque peu du reste. Néanmoins, à présent et suite à certains événements, cela ne m'attire plus aucune satisfaction.

Autant je souhaitais, avant tout, montrer de quelle façon peuvent vivre les êtres en notre compagnie, attirer les regards et les attendrir sur ces vies si fragiles et précieuses, autant à présent j'ai le sentiment de ne plus pouvoir être un exemple. Les regrets, la culpabilité me rongent trop. Et très sincèrement, il me semble finalement que j'attire les regards dans la mauvaise direction.
Pyria n'incitait pas les gens à se remettre en question, à réfléchir par eux-même. Tout ce que la plupart de mes lecteurs fait en me lisant, c'est s'extasier sur l'enchantement de mes mots, la netteté de mes images. Rien de plus naturel à cela : je souhaitais moi aussi sourire avant tout.

Mais cela a changé.

Je ne veux plus raconter les vies particulières de mes bêtes, parce que je ne veux plus raconter leur tragédies particulière. A présent, mon envie se tournera au plus loin, ramenant chaque histoire particulière à l'histoire de tous. Car ce que je vis, ce que mes bêtes vivent, des milliers les vivent. Et personne ne s'en rend compte, parce que personne ne réfléchit.

Personne ne regarde plus loin que le bout de leur nez.

vendredi 30 mars 2012

Son Corp ne sera plus un Poids

Ma petite Bulle...



J'aurai passé ta vie à essayer d’atténuer tes maux, sans parvenir à les arrêter. Ma petite souris de garage. Je n'ai pas eu la chance de te connaître en pleine forme. Mais tes efforts, à chaque jour, pour pouvoir connaître le lendemain, étaient bouleversants. Tu étais, toi aussi, une de ces souris malade et chétive, qui n'intéresse personne. Je suis heureuse d'avoir pu te connaître et vivre avec toi aussi longtemps.. Tu m'as tant donné.



Ma petite Bulle...

Tu pars en laissant derrière toi un vide énorme. J'avais tellement pris l'habitude de surveiller ton état, de garder des friandises à portée de doigts pour te gâter à chaque instant, de relever ton poids, d'adapter les aménagements à tes capacités, tes forces. A présent que tu n'es plus là, j'ai l'impression de ne plus rien avoir à faire. Je regarde les autres jouir de leur santé et me dis que ca aurait été bien que je puisse te voir, au moins une fois, ainsi en forme, à gambader sans t’étouffer. J'ose espérer qu'à présent c'est le cas, que tu es libérée de ton corps malade, que tu es légère et heureuse.






Je suis désolée de ne pas t'avoir guérie, de ne pas avoir réussi. Grâce à toi, je connais mieux l'homéopathie et ses effets, les dosages, les réflexes. Mais ca ne t'aura pas sauvée.

Il n'y a eu que des coïncidences, mais à présent que tu es partie, en prenant du recule, je me rends compte qu'à quelque part, je le savais. L'abandon de la cohabitation. La nouvelle cage. Les jeux. Les dodos conforts. Tous ces efforts pour que ces derniers jours te soient les plus agréables possibles. C'est comme si, au fond de moi, tu me l'avais annoncé, murmuré, et sans m'en rendre compte, je l'avais compris. J'ai le coeur en pleurs.

Ma petite Bulle...



Dire que tu avais si peur en arrivant chez moi, que tu adoptais une position défensive, de soumission à chaque fois qu'on te touchait. Dire que tu ignorais totalement les attitudes à adopter auprès des autres souris. En ces quelques mois tu auras fait un chemin exceptionnel, tu te seras métamorphosée. Tu avais pleinement confiance en mes gestes. Tu répondais à mes appels. Tu te positionnais là où je pouvais mieux te saisir. J'en aurai passé du temps à te réchauffer, te câliner, t'aimer. Tu es une souris exceptionnelle. Pourtant, la vie ne t'aura fait aucun cadeau.

Repose-toi à présent, petite Bulle. Repose-toi loin de ce corps meurtri. Je ne t'oublierai jamais.


dimanche 8 janvier 2012

Le Chocolat du Bonheur

Ma petite Kéa...
Il y a tellement de choses à dire à ton sujet, tellement de souvenirs, de rires, de moments, qu'aucun billet au monde ne sera assez long pour expliquer au monde à quel point tu étais extraordinairement toi... Il n'y aurait pas pu avoir de souris plus parfaite pour prouver aux gens qu'une souris est un être à part entier. Tu avais un caractère si bien trempé qu'aucune mégère n'aurait pu rester de marbre face à ta bouille...

Kéa...
Tu es partie en laissant un vide immense derrière toi. Un vide que tu laisse à d'autre pour qu'elles vivent aussi bien et longtemps que toi, pour qu'elles prouvent elle aussi qu'une souris n'est pas seulement une souris.

Kéa...
L'une des premières photos de Kéa
Tu étais arrivée comme le piment du curry. J'avais choisi une autre voie d'adoption, mais rien qu'en photo, tu t'étais imposée à moi comme une évidence. Je n'ai donc pas hésité longtemps, et je t'ai prise... Tu étais arrivée la première, la toute première petite souris de ma vie, et ça a été un événement démesuré auquel je n'oublierai jamais la moindre petite émotion que j'avais ressentie... A peine tu avais franchi le seuil de ma porte, qu'on t'avait mise dans ma main.. Ciel ! Comme tu étais minuscule. J'avais tellement peur de te faire tomber, ou de te faire mal, que je n'osais même plus respirer. Zhomme était pareil, avec ses lourdes mains d'homme : il n'osait plus bouger. Et toi, comme une sauvage indélicate, tu te moquais de nos frayeurs et nous laissait à peine le temps de nous remettre que tu sautais sur nos bras pour courir jusqu'à notre nuque...

Kéa n'avait peur de rien
Tu as toujours été une petite insolente, plus à l'aise avec nous que nous l'étions avec toi. Tu avais confiance en nous avant même de nous connaître. A moins que peut-être tu ne nous connaissais déjà... Mais nous étions certains d'une chose : tu n'attendais pas que l'on te donne quelque chose ; tu le prenais !
Et ainsi, tu avais pris possession de mon bureau, de mon attendrissement, de notre confiance, de nos rires, et de ta liberté. Tu avais, de toute façon, ce que tu voulais. Même qu'à un moment, tu nous as bien fait comprendre une chose : il est purement impossible de t'attraper si tu n'as pas l'intention d'être attrapée ou même de venir vers nous... Tu étais notre petit ingrate qu'on aimait de tout notre coeur.

Avec tes copines, tu étais la même. Tu as été tyranique parfois, mais tu t'étais adoucie avec l'âge. Tu ne causais aucun problème. Tu étais une doyenne, une maman adoptive, une soeur parfaite, et une compagne de roue idéal. Parce que la roue, tu en étais dingue ! Elle ne roulait pas lorsque tu étais dedans : elle fendait l'air ! Tu n'en décrochais pas et y revenais toutes les dix minutes. Et pourtant, tu l'as toujours partagée avec plaisir en ralentissant ta course.

Tu avais été la première...
Depuis ton arrivée, j'avais déjà eu beaucoup de perte... Des décès tous très douloureux, difficile... Et pourtant, toi, tu restais là. Tu étais la première à venir, mais de loin pas la première à partir.. Tu étais notre éternelle souris en chocolat, notre queue de vers de terre, notre pile électrique, notre ingrate et notre amour, notre puce de toujours. A force de les voir partir et de te retrouver, toi, à chaque fois, j'avais oublié que toi aussi tu étais mortelle... Je ne pensais plus à ton départ.. A chacun de mes rêves d'avenir, tu étais avec nous. Un an et dix mois... C'est énorme pour une souris, encore plus énorme pour une souris dont les parents sont d'animalerie.
Alors forcément, lorsque le diagnostique du vétérinaire tomba, j'ai pleuré... Lorsque je t'avais reconduite à la voiture, j'ai pleuré.. Et durant tout le retour, j'ai pleuré.. J'avais aussi beaucoup pleuré la Nuit, et le lendemain.. Je pleurais alors que tu étais encore là. J'avais tellement mal rien que d'imaginer ta mort, que je ne te voyais même plus vivre... C'est lorsque j'ai enfin entendu à nouveau ce sifflement significatif que faisait la roue sous tes pas que j'ai compris une nouvelle chose, une chose que tu m'as apprise : Nous sommes tous fait pour partir un jour.. Alors plutôt que de redouter ce jour et de ne rien faire d'autre que de pleurer en l'attendant, il faut en profiter. Il faut donner tout ce qu'on peut donner, tant qu'on peut le donner... Et tu m'as tellement donné.. Tellement.

Ma Kéa...
L'une des dernières photos de Kéa
Jamais je ne t'oublierai. Comme les autres, tu seras à jamais dans notre coeur et dans nos souvenirs. Comme les autres, tu seras le symbole parfait de la valeur d'une vie, et la preuve que même la plus petite d'entre elle peut offrir beaucoup plus que les plus grandes.

Nous t'aimons...

mercredi 7 septembre 2011

Glissade ne glissera plus...

Je ne tiens pas très à jour mon blog c'est temps-ci. Il y a pas mal de nouveauté : un nouveau chat à la maison, des capucines qui poussent bien, un sauvetage d'une souris en vue, nouvel aménagement pour les lapins, projets d'un nouveau terra bien mieux aéré à faire soi-même, et même des projets d'association pour les souris.
Je suis un peu déprimée ces temps. Je ne sais plus comment vivre tout en étant en paix avec moi-même. J'ai besoin de partager mon temps, de sortir avec des personnes qui auraient la même vision que moi du monde. C'est peut-être bête, mais je ne trouve pas d'ami. Alors rien n'avance...

Mais le sujet principal de cet article n'est pas là. Ca, c'était seulement pour m'excuser de l'immobilité de mes blogs.


Il y a deux jours, Glissade est partie.
Même si j'ai fêté il y a peu les 1.5an de Kéa, il était certain depuis plusieurs mois à présent que Glissade était plus âgée, ou tout du moins plus fatiguée.

En juillet, cela faisait un an que Glissade partageait pas vie. Elle était arrivée avec Yuffie, sa fille. Elle venait d'un élevage de souris alimentaires pour serpents en arrêt d'activité. Il m'a été impossible de réunir les informations qui m'auraient aidé à mieux comprendre et anticipé sa santé : Quel âge avait-elle ? Dans quelles conditions vivait-elle ? A quel âge avait-elle eu sa première portée ? Combien en avait-elle eu ensuite ?
Je savais seulement qu'elle était adulte, et au vue de son comportement, qu'elle n'avait pas de roue, ni de cachette avant d'arriver chez moi. Du coup, un an à partager ma vie, à partager un bonheur commun, c'était bien plus que je ne l'espérais.

Ca faisait quelques temps qu'elle s'isolait, qu'elle dormait à l'écart, ou qu'elle m'attendait le long de la vitre à la recherche de contact, ou de friandise. J'avais remarqué sa baisse de forme. Elle bénéficiait, du coup, d'une alimentation plus riche et de quelques extras pour l'aider à combattre la fatigue. Mais les deux jours qui ont précédé sa mort, j'avais bien remarqué sa faiblesse extrême. Inutile d'aller chez le vétérinaire : elle était vieille. On ne peut pas combattre la vieillesse. On peut seulement aider à ce que ce soit moins douloureux. Je plaçais tout à proximité d'elle. Lors de la distribution de nourriture, je la mettais dans la gamelle la plus fournie et faisait en sorte que les autres aillent dans les autres gamelles pour qu'elle puisse manger tranquille.

Mais dimanche matin, je l'ai retrouvée sans vie, allongée le long de la vitre, où elle avait l'habitude de m'attendre. Ca a été très douloureux. Glissade était vraiment une souris extraordinaire, affectueuse, compatissante. Elle avait été une mère formidable, autant pour Yuffie que pour les autres qu'elle choyait sans différence. Elle avait été un soutien formidable pour Fuse.

Ses siestes dans mes manches me manqueront par dessus tout.

jeudi 17 février 2011

Petite Souris Ailée s'est Envolée

Je le craignais, le redoutais depuis de nombreux mois. Je me battais contre ce fait depuis longtemps. Elle se battait aussi. Elle était la plus forte. La plus belle. La plus merveilleuse. Mais c'est arrivé.

Ma Petite Souris Ailée n'avait plus la force de continuer. Petite Souris Ailée s'est finalement envolée en cette journée mitigée, suivant les rayons de soleil timide, tellement délicat. Elle a rampé jusqu'à se mettre dans la lumière avant de quitter son corps si lourd, si fatigué, si blessé, si imparfait. Petite Souris Ailée... Mon coeur est rempli de chagrin. Il se déchire.

Tu avais été mon plus rude combat. Mon plus lourd fardeau. Il est tellement difficile de se battre contre une chose inconnue, impossible, même. J'avais tellement cherché. Tu te battais tellement. Je savais que ca allait arriver. Je m'attendais, chaque jour, à découvrir ton cadavre. Mais tu restais là. Tu tenais debout malgré ta maigreur. Tu me cherchais toujours. Tu n'hésitais pas une seconde à monter sur ma main. Souvent, même, tu refusais d'en redescendre. Tu t'accrochais à moi comme tu t'accrochais à la vie.Tu avais une telle rage de vivre. J'avais une telle rage à te protéger.

Je suis heureuse d'avoir pu te garder si longtemps. Je suis heureuse d'avoir pu te connaître, d'avoir partager ta vie. Je suis tellement heureuse que tu aies été ma Petite Souris Ailée. Tu m'as rendue tellement heureuse...

Mais je pleure... Je pleure...

Vas, à présent, Petite Souris Ailée. Vas, plus loin et plus haut encore. Tu es libre à présent. Tu n'as plus ce corps pour t'enfermer avec nous. Vas, ma belle souris blanche... Rejoins ta mère et ta soeur qui t'attendent depuis si longtemps. Dis leur bien que je les aime, que je ne les oublie pas. Dis-toi bien aussi que je ne cesserai jamais de t'aimer, ma petite Fuse, prêtresse des vents...

Car même si la douleur est terrible, tu seras à jamais une raison de plus à mon combat. Même si la souffrance est horrible, je ne cesserai jamais de me battre pour les petits êtres comme toi. Je t'aime, comme tu m'as aimé.. Et cet amour, je ne le garderai pas égoïstement pour moi.. J'aimerai, encore et encore les autres petits êtres, qui comme toi, ne plaisent à personne, et ont besoin d'amour.

Je t'aime.

Profite à présent de ce repos si bien mérité. Profite à présent que l'on t'a rendu tes ailes.

jeudi 3 février 2011

Métys Nous a Quittés

Ce sera une triste nouvelle qui remplacera mon article sur la peur des queues...

Métys, ma petite souris démone, avait eu une baisse de forme en mi-janviers. Accusant le retour du froid, je lui ai fourni une source de chaleur ainsi qu'un accès privilégié à de la nourriture grasse. Le lendemain, elle allait à nouveau parfaitement bien.
Mais hier, rebelote. Je l'ai retrouvée amaigrie, et avec les fesses salies de crottes liquides. J'ai donc pris rendez-vous chez le vétérinaire pour ce matin (mon vétérinaire ne travaillait pas hier), lui ai à nouveau fourni une source de chaleur (bouillotte) et nourriture grasse. Comme dans le début de soirée elle semblait aller mieux et ne tenait pas en place, je l'ai remise avec ses copines. Elle mangeait très bien et malgré un léger manque d'équilibre, elle était vive et réactive.

Mais ce matin, alors que je préparai ce qu'il fallait pour l'emmener en tout sécurité chez le vétérinaire, impossible de la réveiller, ni même de la trouver. Toutes les puces couraient dans le terrarium et me grimpaient sur les bras, sauf elle. Il m'a fallu enlever le premier étage pour pouvoir complétement défaire le nid et la trouver : ses copines l'avait caché tout au fond du nid, bien au chaud... Mais elle était froide.

Je suis profondément attristée. Encore une fois, je n'arrête pas de me dire "et si j'avais fait comme ca", "et si je n'avais pas fait ça", "et si c'était à cause de ça"...
Métys était la souris qui avait le plus de chance de mourir de vieillesse. Son père est mort à passé 2 ans, et sa mère vit encore. Elle est partie beaucoup trop vite.


Ma petite Métys, ma souris démone...
Je t'aime du fond du coeur et jamais je ne t'oublierai. Je me souviens encore des premières photos de ta vie. Je me souviens encore de ton regard qui semblait m'être destinée. Tu étais si belle... Tu brilles à présent dans le ciel.
Tu étais une petite souris sans problème. Tu ne te faisais jamais remarquer, toujours après les autres. Mais j'adorais ta façon de jouer avec moi, avec mes doigts, ta façon de t'étendre sur ma main sans jamais monté dessus. Jusqu'à hier où tu es montée de toi-même pour ne plus en descendre. Tu avais bien compris. Moi pas. Je pensais que j'avais encore le temps de te murmurer un millier de "je t'aime" et de te câliner. Je pensais que les baisers pouvaient attendre. Je t'ai seulement réchauffée.
Ne t'en vas pas trop loin petite Métys. Tes soeurs sont encore là. Ta stabilité manquera au petit groupe. Elles auront besoin de toi. Veille bien sur elle comme tu l'as toujours fait. Protège-les de ce qui t'a enlevée à moi bien trop tôt.

Je t'aime Métys.

dimanche 17 octobre 2010

Gratter Les Souvenirs


Durant sa courte période de vie par chez moi, Lola avait un doudou. Il s'agissait d'un vieux pull en laine. Un pull à Zhomme que je portais durant les grands froids (je suis hyper frileuse). Je le lui avait donné pour qu'elle ait notre odeur sous le nez, et donc pour l'habituer plus facilement à notre présence. Lola avait totalement adopté ce pull. Elle y passait ses siestes et ses moments de tranquillité. Et elle avait la curieuse capacité de s'emmitoufler dedans.

Je sais que j'ai dit que je n'apportait pas de valeur à ce qui est physique après la mort de l'être. Mais ce pull, je ne sais pas. Je n'ai jamais pu le jeter, ni même le laver. Après l'avoir longtemps ignoré, je l'ai finalement soigneusement plié et rangé dans le dernier étage de mon meuble à bordel pour animaux.


Et de temps à autre, Cavalcade tire sur le pull pour le sortir. Il le met en boule, le déplie, le repasse, le remet en boule, campe fièrement dessus, puis dort à côté.




Est-ce que les animaux se souviennent de leurs anciens partenaires ? L'on pourrait alimenter tout un débat autour de cette question. Mais ce n'est pas mon objectif actuellement. Il me plait de penser, à quelque part, que lui aussi s'en rappelle, qu'elle lui manque à lui aussi et qu'il fait ce qu'il faut pour qu'elle ne tombe pas dans l'Oubli. Alors peu importe ce qu'il en est vraiment.





Je crois que je ne suis pas prête de me débarrasser de ce pull.

jeudi 23 septembre 2010

Un Départ En Douceur


Grosse Cheyenne court à présent retrouver sa fille, libérée de ses poids. Elle n'a plus à se battre. Elle n'a plus à combattre la vie pour se montrer forte. Elle en a suffisamment prouvé. Elle est légère et parcours le ciel pour gagner sa place dans les étoiles, à côté d'Isuun.

Cheyenne, ma souris garou,
Tu es arrivée ici sous le surnom de Mi-Brune. Tu étais un peu timide, mais rien de plus normal. Tu te cachais derrière tes filles, moins peureuse pour le coup. Tu n'as jamais trop aimé que je t'attrape, mais tu appréciais les caresses. Tu avais une tête de rat, comme pour me consoler de ne pas avoir pu en prendre. Et tu étais toujours attentive à ce que je faisais.
Dans son petit groupe, tu étais la sage, la sereine, celle qui offrait un équilibre aux autres, celle qui rassurait. Tu étais la première à te blottir à un endroit pour une sieste, et toutes les autres venaient te rejoindre. Tu n'étais ni à la tête, ni en bas de la hiérarchie. On se demandait même si tu en faisais partie. Personne ne te disputait et tu ne disputais personne. Au final, tu étais la mère de tout le monde.

Mais les tumeurs furent un lourd fardeau pour toi. Tu te battais avec une volonté de fer. Je ne t'ai vue qu'une seule fois fatiguée et vidée. Chaque jour tu donnais tout ce que tu avais en toi pour vivre malgré tout, comme si tu n'avais pas ces masses impressionnantes et pesante. Mais tu ne pouvais pas gagner ce combat. Quelques auraient été tes efforts, les masses n'auraient pas pu mincir. Et tu perdais de la chair à te battre ainsi.
Ca a été une très dur décision, mais je l'ai prise. Je voulais que tu partes avec cette joie de vivre, avec cette force, en pensant à tout ce qui te rendait heureuse et si forte. Je voulais que tu sois bien, dans ta tête et dans ta peau pour ton dernier voyage. Je savais que si j'attendais trop, c'était la souffrance et la fatigue qui allaient te guider. Je sais que tu aurais été à bout de souffle et que tu aurais perdu ta joie de vivre. Je ne le voulais pas. Et je voulais encore moins que tu ne meurs sous la douleur.

Mes mains tremblaient, mais toi pas. Ma vue se troublait, mais toi tu y voyais claire. Lorsque la vétérinaire te reposa sur la table d'auscultation, tu es venue de toi même et directement dans mes mains. Tu as traversé la table pour me rejoindre plutôt que de retourner dans ta boite de transport, juste à ta droite. Tu avais une chaleur tellement agréable dans mes mains froides. Je n'ai pas eu la force de prononcer mes mots, mais je suis certaine que tu les entendais. Tu as tourné trois fois sur toi-même, puis tu t'es arrêtée et installée. Tu as humé l'odeur de ma paume, jusqu'à t'immobiliser complétement. Après quelques minutes de profondes pensées, je t'ai remise au vétérinaire. Elle m'a promise de prendre soin de toi jusqu'à ton incinération.

Chacun réagit à la mort de ses proches différemment. Personnellement, je n'attache aucune importance aux corps après la mort de l'être, car sans l'âme, le corps n'est plus rien. Je donne bien plus de valeur aux souvenirs, car ils seront toujours habités.
J'ai allumé une bougie que j'ai mise à la fenêtre. Cette lueur te sera un point de repaire tout au long de ta route jusqu'au ciel. Lorsqu'elle s'éteindra, je saurai que tu auras atteint ta place et que tu y seras bien. Je te garderai à jamais au fond de mon coeur et tu seras toujours au sein du groupe, dans mon terrarium.

Je t'aime, Cheyenne. Repose-toi bien à présent.

mardi 14 septembre 2010

A La Mémoire Avant Le Commencement

Je ne peux pas poursuivre ce blog sans vous écrire quelques mots au sujet de tout ceux qui ont croisé ma vie, ma marquant d'une petite patte. Il faut bien commencer par là, car il font eux aussi partie du quotidien de mes loulous, par ce qu'ils m'ont appris. 

Lopik avait été un petit plaisir pour moi. Après avoir adopté trois souris consanguines et donc promises à une fin rapide, j'avais voulu une souris de lignée sur laquelle me rattraper en cas de coup dur. Je m'étais donc tournée vers une petite souris hollandaise, à la morphologie plus grande que nos souris français, et aux grandes oreilles. Elle était d'un agouti très foncé. Elle était belle comme tout et gentille, en plus de ça ! 
Hélas, la portée fut victime d'une malformation neurologique, pour un bon nombre. Lopik n'a vécu avec moi qu'à peine une semaine. Elle a maigri soudainement, puis a fait un AVC avant de partir. J'ai eu du mal à accepter l'injustice de la vie. Moi qui avait le choix entre elle et sa soeur, je l'avais choisie elle. Et elle est partie alors que sa soeur vie encore et en très bonne santé. 

Sauterelle était issue d'un sauvetage. Je l'avais prise, elle, sa mère et ses soeurs (dont un était en fait un mâle déguisé) lors d'un SOS passé sur un forum. Elle venait d'un élevage de souris pour serpent en arrêt d'activité. Elle avait tout juste deux semaines lorsqu'elle est arrivée chez moi. C'était la plus petite, mais la plus active et incroyable. Elle faisait la moitié de volume que sa plus grande soeur. Elle avait un caractère plus qu'adorable, au point de me suivre le long de sa cage et de son terrain de jeu, avec un regard de souris abandonnée, pour que je la prenne. 
Hélas, un soir elle s'est réveillée en se trainant dans la litière. Elle ne contrôlait plus ses pattes arrières qui restaient tendues. En 10 minutes, son petit coeur de petite souris s'éteignit. Lorsqu'on choisit de faire un sauvetage (ou même d'adopter tout court), on doit accepter ce genre d'éventualité. On doit en être conscient. Mais ca reste très douloureux.

Isuun fut l'une de mes premières souris. Adoptée, elle, sa soeur et sa mère suite à un sauvetage (qui ont motiver l'arrivée de Lopik), elle s'est avérée tout d'abord difficile. Très craintive, elle s'enfuyait au moindre de mes mouvements. Mais avec de la patience (et de petites friandise) elle a rapidement suivi l'exemple de sa soeur et de sa mère. Isuun fut vraiment adorable. Elle me manque encore à chaque jour. Sa petite bouille timide, mais trop curieuse pour résister. Son pelage immaculé ne portant qu'une seule et unique tâche sur le museau.
Elle était pour moi une source d'inspiration, une muse. J'adorais la photographier et elle se prêtait bien au jeu.
Vu l'origine de sa mère, elle avait de grande chance de développer une pathologie. Sa soeur fut la première à le faire. Sa mère la seconde. De ce fait, je me réconfortais sur elle et me rassurait de la voir bien. Mais du jour au lendemain, elle a développé un fort problème respiratoire (le même que sa soeur qui n'est pas contagieux). Le surlendemain, je l'ai retrouvée enterrée dans la litière. Ca a été brusque. Mais là aussi, en l'adoptant, j'ai accepté ce genre d'événement.

Les souris sont des êtres vraiment très attachants ! Mais bien malheureusement très fragiles. En se tournant vers ce genre de compagnon, il faut être conscient que tout peut très rapidement se finir, sans rien pouvoir faire. C'est une chose difficile. Leur départ est vraiment marquant. Mais, comme pour chaque départ, il faut se concentrer sur le bonheur qu'on a connu avec elles, plutôt que sur la peine qu'inspire leur départ.

La Tendre Lola

Comment pourrais-je ne pas vous présenter Lola ? Elle qui est la raison de tout mon acharnement, de tout mon courage malgré les peines et les horreurs...

Lola était une lapine d'animalerie, et comme beaucoup de lapins d'animalerie, sous le caprice d'un enfant, une mère est venu l'arracher de son enfer de lapins serrés, mal entretenu, mal nourri et sans contact pour la plonger dans un autre que peu différent : cage extrêmement petite, isolation ou contact brutal, mal nourri et mal logée. Elle a vécu, au maximum 7ans dans cet enfer, au minimum 5 ans. Et que c'est long, 5 ans...! En 5 ans, elle a eu le temps de s'habituer à sa mauvaise condition, à de manger que des cochonnerie, à être tellement immobile qu'elle en a oublier comment marcher, et à respirer continuellement sa propre puanteur mélangée aux toxines des copeaux. 
Cette mère qui l'avait arraché de ses frères et soeurs, bien heureuse d'avoir ses enfants comme excuse, était en fait, mal belle soeur. Affreuse belle soeur avec qui aucun partage n'est possible, sauf si on veut lui donner de l'argent ou de la pitié. Mais au bout de cinq ans, cette lapine amorphe et à la limite de l'agression lorsqu'on s'en approchait la lassait. Alors une allergie soudaine et sauvage fut décrétée chez ses enfants, et Lola me tomba dans les bras. Pauvre de moi, qui n'avait rien demandé et qui ne connaissait rien aux lapins. Pauvre Lola, pour qui l'enfer allait continuer jusqu'à ce que j'ai un déclic. J'avais cru aux conseilles de ma belle soeur que je connaissais encore mal à cette époque. J'avais cru qu'un lapin n'était rien de plus qu'une boule de poils amorphe et inintéressante. J'avais cru pendant presque un an que tout ça était bien... Jusqu'à ce que la boule de poils me morde. 
J'avais beau être ignorante, j'ai eu une bonne éducation. Je sais qu'aucun animal n'est agressif sans raison. Alors je me suis renseignée pour savoir pourquoi. Et je me suis renseignée sur le monde que je maîtrise et connais le mieux : internet. C'est là que j'ai découvert Marguerite et la véritable identité des lapins. Outrée de voir à quel point un animal présent depuis si longtemps dans nos foyer soit si méconnu, j'ai littéralement changé la vie de Lola : liberté totale, propreté, jeux, tapis, foins, et légumes en grande quantité. Il n'a pas été facile de changer ses mauvaises habitudes, mais ca a été si plaisant ! 
Plaisant, mais trop tard. Même "seulement" 5 ans de mauvaise alimentation peut avoir de grave conséquence sur un être. J'ai échappé de justesse à sa mort due à la mauvaise croissance de ses dents, faute d'usure, qui avait percé un trou dans sa joue. Mais son transit restait trop fragile. Et un jour, il s'arrêta. 
Malgré mes efforts, au vue de la situation, on n'a rien pu faire. Lola est morte, seule, dans sa cage d'hospitalisation, loin de chez elle, loin de moi. 

Malgré le temps qui passe, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle a du se sentir affreusement abandonnée dans sa cage froide. Moi qui étais si confiante, je ne lui avais même pas fait mes adieux. Je l'avais laissée là, pensant la retrouver le lendemain. Pensant, au moins, pouvoir venir la voir pour lui dire qu'elle rentrera bientôt... Mais elle n'a jamais pu rentrer. 


Je hais tout ceux qui ne se donnent pas à fond pour offrir la meilleure vie possible aux animaux qu'ils choisissent. Tout ça, parce que c'est trop cher, trop difficile, trop chiant, trop bête. Ils ne méritent pas d'avoir d'animaux.

Pyria, Pour Qui ?

Murmures de Pyria. C'est une drôle de nom pour un blog, n'est-ce pas ? Cela me vient de très loin, d'un souvenir, hélas triste, d'où nous avons fait une promesse. 

Pyria a été mon premier animal, le premier à faire partie de ma nouvelle vie, et à confirmer notre couple, à Zhomme et à moi. Pyria a été la première à accuser mes erreurs et mes problèmes de ce temps-là. Pyria a été une calopsitte, un de ces nouveaux animaux de compagnie encore bien méconnu et qui subit l'ignorance de l'humain. 
Elle a été un craquage en animalerie, à l'époque où je ne connaissais pas leur arrière boutique. Elle nous avait touchés, Zhomme et moi, derrière sa parois en plexi, à essayer de communiquer avec nous. Elle avait retenu notre attention. Petit oiseau très intelligent, pour qui on s'était brisé le coeur plusieurs fois en s'éloignant d'elle. Un être aussi beau qu'elle ne pouvait pas rester en vitrine bien longtemps. Et pourtant, en deux semaines, elle n'avait pas bougé. On revenait sans cesse rien que pour la voir elle, espérant à chaque fois ne pas la retrouver. Mais en vain. Alors, finalement, nous l'avons prise avec nous. 

Pyria nous a fait connaître son espèce : attachante, intelligente, affectueuse, capricieuse et criarde pour qu'on ne l'oublie pas. Il a été difficile, au début, de comprendre son comportement et de réagir à ca correctement. C'est elle qui m'a appris le renforcement positif, car avec les calopsittes, les punissions ne font qu'empirer les choses. 
Elle et moi avions une complicité étonnante. On ne se quittait que s'il n'y avait pas le choix et elle m'appelais dès qu'elle m'entendait par la fenêtre. Ca avait été un vrai délice que de partager sa vie. Et elle me manquera à l'infini. 

Hélas, Pyria avait une très mauvaise habitude : elle adorait s'endormir sur le pied de nos chaises de bureau, ou à proximité. Comme si elle se sentait protégée à nos pieds. A force, nous avions pris l'habitude de toujours vérifier où elle se trouvait avant de se reculer de notre bureau. On avait l'habitude... Mais un jour, sa silhouette fut confondue ailleurs, et le drame arriva. 
Le cri de sa douleur marquera sans doute à jamais les mémoires, et j'en pleurs rien qu'au souvenir. 

A cette époque, nous ne connaissions pas non plus les vétérinaires NAC. Mais même avec ça, je doute que leurs compétences auraient pu faire quoi que ce soit de plus. Elle saignait tellement. Il a fallu l'anesthésier pour la soigner correctement, pour recouvrir sa plaie. Elle nous a été rendue, mais elle n'a tenue que la Nuit. Au lendemain matin, elle est morte dans mes mains, sous les éclats de mon coeur. 

Il m'avait fallu presque une semaine avant de pouvoir nettoyer son sang qui avait séché à l'endroit du drame, et je crois que le deuil n'est toujours pas terminé. Mais suite à son départ si brutal, nous nous sommes fait une promesse : à jamais nous nous battrons pour qu'elle survive dans les mémoires et qu'elle soit le symbole de notre combat pour nos animaux. 
On se reverra un jour, ma belle Pyria !